vendredi 17 septembre 2010

Instructions


La joute oratoire est l’occasion de promouvoir l’expression orale et l’art de l’éloquence.
C’est un événement fédérateur pour toutes les classes prépas : travailler en équipe, faire connaissance et se divertir.

1° Un jeu qui doit rester sérieux

Les joutes oratoires comportent une part de spectacle. Le jury comme le public attendent d’être divertis. La joute oratoire peut et doit donc comporter une part d’humour, d’exagération et de surenchère.
Mais à condition de respecter certaines règles :

-          pas de bouffonnerie : sachez manier l’humour avec subtilité et finesse.
-          Pas d’insultes : sachez rester courtois et respectueux de l’adversaire

2° Des compétences à mettre en valeur

Le jury sera sensible au contenu mais aussi à la présentation, au style, à la répartie et au travail d'équipe.

* critères de forme : qualité de l’expression, du style, facilité d’élocution, séduction du public, capacité de persuasion, répartition de la parole et respect du temps de parole.

* critères de fond : pertinence de l’argumentation et de l'information, esprit de synthèse et de concision, originalité et imagination, capacité de traiter le sujet ou au contraire de s’en détacher.

Bref, sachez marier la rigueur et l'ingéniosité avec la rhétorique des parlementaires et la force de persuasion des avocats.

lundi 13 septembre 2010

Scoop !

On nous annonce d’ores et déjà la reprise des Joutes Oratoires à Stanislas, le très célèbre concours d’éloquence où s’affrontent les plus brillants bretteurs des classes préparatoires de première année. 

Première séance le 30 septembre, sur le sujet : La femme est-elle l'avenir de l'homme ?

Mesdemoiselles, Messieurs des classes préparatoires de Stanislas, c’est de vous dont on parle ! La guerre des sexes aura-t-elle lieu ?

Saisissez votre chance de passer maître dans l’art de convaincre, séduire, briller… Afin qu’à l’image de Bossuet, vous deveniez « plus sûrs de vos mots, plus forts de vos verbes, plus hardis dans la syntaxe, en somme plus maîtres du langage, c’est-à-dire : vous-mêmes ».



Pour un aperçu bibliographique cliquez ici et consultez les articles portant le libellé : 30 septembre 2010.

dimanche 12 septembre 2010

Bibliographie

Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe
Elisabeth Badinter, Fausse route
Natacha Polony, L'homme est l'avenir de la femme
Eric Zemmour, Le premier sexe


Liens
La cause des hommes
Les gender studies

Le 1er sexe


Quelques citations extraites du livre d'Eric Zemmour : Le premier sexe

Privé de ses propres mots, l'homme (mâle) a été peu à peu privé d'une pensée propre. La machine est rodée. Implacable. D'abord, on ne lui parle que de grands principes, d'universel, d'humanité : il n'y a plus d'hommes, il n'y a plus de femmes, rien que des êtres humains égaux, forcément égaux, mieux qu'égaux, identiques, indifférenciés, interchangeables. Le discours qui confond ses propres valeurs avec celles de l'humanité est celui de toutes les puissances dominantes, de l'Empire romain jusqu'à la grande nation, du bon temps des colonies jusqu'à l'american way of life.
Des hommes avec ou sans majuscule au temps d'une société patriarcale. Et puis, dans un second temps, on suggère la supériorité évidente des « valeurs » féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l'autorité, la paix sur la guerre, l'écoute sur l'ordre, la tolérance sur la violence, la précaution sur le risque. Et tous, hommes et femmes, surtout les hommes, de communier dans cette nouvelle quête du Graal. La société unanime somme les hommes de révéler la « féminité» qui est en eux. Avec une bonne volonté confondante, suspecte, malsaine, les hommes font tout ce qu'ils peuvent pour réaliser ce programme ambitieux: devenir une femme comme les autres. Pour surmonter enfIn leurs archaïques instincts. La femme n'est plus un sexe mais un idéal.
Le premier sexe, pp. 10-11

Jadis, Madame Bovary prenait un amant pour connaître la vie rêvée des Parisiennes dont elle lisait les aventures dans la littérature de gare.
Aujourd'hui, les jeunes filles, toujours au bord de l'anorexie, se fabriquent un corps de garçonnet pour plaire à des créateurs homosexuels qui n'aiment pas les femmes, qui les considèrent comme de simples « portemanteaux, et les terrorisent pour quelques grammes de trop, quelques onces de rondeur, de douceur, de féminité qu'ils ne veulent pas voir. Le snobisme mimétique des hommes - avoir la femme qui prouvera aux yeux des autres hommes qu'ils ont réussi, comme une belle voiture de sport - les pousse à désirer ces femmes. La bataille de l'élite est donc gagnée. En revanche, comme le remarque Lagerfeld, toujours très fin, l'homme de la rue résiste. Lui continue à désirer «le gros derrière» de Jennifer Lopez, les rondeurs de Sophie Marceau ou Monica Belluci, la «beauté grecque» de Laetitia Casta. Et reste insensible aux charmes androgynes des mannequins russes.
Ibidem, p. 21

Les mêmes mots, les mêmes rejets, les mêmes engouements se retrouvent ainsi chez les militants homosexuels et les féministes, au point que l'on peut parler d'alliance objective. Les rares hommes politiques qui assument ou revendiquent leur homosexualité sont aussi les féministes les plus ostentatoires. Il y a une rencontre sociologique, au cœur des grandes villes, entre homosexuels, militants ou pas, et femmes modernes, pour la plupart célibataires ou divorcées.
Le cœur de cible de ce fameux électorat bobo. Mêmes revenus, mêmes modes de vie, même idéologie «moderniste», « tolérante », multiculturelle. À Berlin, Hambourg et Paris, ces populations ont élu comme édiles trois maires homosexuels - et fiers de l'être - qui ont la conviction de porter un nouvel art de vivre, une nouvelle renaissance. Peu à peu, la production, l'activité industrielle, toute activité productive ou même du négoce de marchandises ont été expulsées de ce villes transformées en musée pour touristes ou casino virtuel pour prédateurs de la finance - l'industrie c'est sale, c'est noir, c'est un travail d'hommes aux mains calleuses et aux mœurs rudes. Peu à peu, les ouvriers puis les classes moyennes ont été expulsé de ces paradis par la spéculation immobilière, il ne reste plus que les gens très aisés, les fameux bobos et les familles immigrées, avec ou sans papiers mono ou polygames, peu importe, puisque leur rôle est de servir - à bas prix - les nouveaux maîtres de la culture et de la fête.
Ibidem, pp. 24-25

On dira, c'est l'Amérique, le puritanisme américain.
Ou, comme Élisabeth Badinter, le féminisme radical, américain lui aussi, inspiré de groupes de lesbiennes. Ainsi les communistes ont-ils un temps distingué Staline - ses erreurs et ses crimes - de Lénine - qui aurait vu juste. Le distinguo a fini par s'écrouler. Le stalinisme était déjà dans le léninisme. De même, le féminisme est un bloc. C'est une vision du monde, une volonté de changer la femme et l'homme. Une ambition prométhéenne. "Effacer cinq mille ans de distinction des rôles et des univers", comme l'a très bien écrit Élisabeth Badinter. En somme, détruire l'héritage judéo-chrétien. C'est justement en cela que le féminisme est un "-isme" du xx' siècle qui ne peut échapper à ses démons totalitaires. En France, la "campagne" contre la prostitution en est l'exemple le plus récent.
Ibidem, pp. 53-54

Deux siècles pour ça.
Ces chiffres ne sont pas sans conséquence sur le destin de nos pays.
Les plus grands démographes nous alarment quant au devenir de l'Allemagne ou de l'Italie, le peuplement de ce dernier pays devant tomber à vingt millions de personnes d'ici quelques décennies seulement. Depuis trente ans, on s'extasie sur la maîtrise parfaite, entre contraception et avortement, de la fécondité par les femmes. On ne dit jamais que la fin de cette histoire est funeste, qu'elle se conjugue justement avec la fin de l'histoire, avec la disparition programmée des peuples européens. Comme si un spectre hantait cette féminisation des sociétés occidentales, qui commença sous de si riants auspices, comme si cet appel à la vie, à l'amour, make love not war, devait finir tragiquement par la disparition collective. Comme si le mâle était maudit, et retrouvait in fine cette mort qu'il ne voulait plus donner.
Symboliquement, tout s'est passé comme si les vieux peuples fatigués renonçaient à se reproduire eux-mêmes et appelaient à la rescousse des plus vigoureux, plus juvéniles. Tout s'est passé comme si les hommes français et européens, ayant posé leur phallus à terre, ne pouvant ou ne voulant plus féconder leurs femmes devenues rétives, avaient appelé au secours leurs anciens « domestiques » qu'ils avaient émancipés. Tout s'était passé comme si la France, et l'Europe, devenue uniformément femme s'était déclarée terre ouverte, attendant d'être fécondée par une virilité venue du dehors.
Ibidem, pp. 106-107-108

C'est tout le paradoxe féminin.
Les femmes conduisent quand la vitesse est limitée ; elles fument quand le tabac tue ; elles obtiennent la parité quand la politique ne sert plus à grand-chose; elles votent à gauche quand la Révolution est finie; elles deviennent un argument de marketing littéraire quand la littérature se meurt ; elles découvrent le football quand la magie de mon enfance est devenue un tiroir-caisse.
Il y a une malédiction féminine qui est l'envers d'une bénédiction. Elles ne détruisent pas, elles protègent. Elles ne créent pas, elles entretiennent. Elles n'inventent pas, elles conservent. Elles ne forcent pas, elles préservent. Elles ne transgressent pas, elles civilisent. Elles ne règnent pas, elles régentent. En se féminisant, les hommes se stérilisent, ils s'interdisent toute audace, toute innovation, toute transgression. ils se contentent de conserver.
On explique en général la stagnation intellectuelle et économique de l'Europe par le vieillissement de sa population. Mais Cervantes écrivit Don Quichotte à soixante-quinze ans; de Gaulle revint au pouvoir à soixante-huit, et le chancelier allemand Adenauer à plus de soixante-dix.
On ne songe jamais - ou on n'ose jamais songer - à sa féminisation.
Ibidem, pp. 128-129

L'homme est l'avenir de la femme...

Un livre pour réfléchir au sujet des joutes oratoires du 30 septembre.


Depuis la parution du Deuxième Sexe et les années de militantisme flamboyant qui suivirent, l'image de la femme oscille aujourd'hui entre la victime forcément innocente et la figure héroïque prête à renouveler la politique, l'entreprise, et l'humanité dans son ensemble.


L'homme est-il du côté du mal, de la violence et du crime ?
La femme est-elle du côté du bien, de la tolérance et de la paix ? Faut-il criminaliser le masculin et béatifier le féminin ?


Natacha Polony L'homme est l'avenir de la femme
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Natacha Polony féminisme
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Fausse route


Le féminisme dans tous ses états
Le J'accuse d'Elisabeth Badinter
L'Expresse, avril 2003



Dans Fausse Route (éd. Odile Jacob), la philosophe, qui fut une militante de la première heure, juge très sévèrement les dérives de celles qui prétendent défendre les femmes.

C'est une petite bombe que lâche Elisabeth Badinter dans le conformisme tranquille où ronronne le féminisme français depuis quelques années. Halte-là, lance-t-elle, le féminisme français fait «fausse route» - c'est le titre du livre qu'elle publie ces jours-ci chez Odile Jacob. Non, les femmes ne sont pas toutes les victimes - passées, présentes ou à venir - des hommes. Non, les dissemblances entre les sexes ne sont pas plus grandes que leurs ressemblances. Non, insiste-t-elle, nous ne sommes pas une espèce fragile à protéger à grand renfort de quotas. Et de s'indigner contre l'imagerie doloriste dessinée par le lamento des féministes: «On s'intéresse moins à celle qui réalise des exploits qu'à la victime de la domination masculine, écrit-elle. La superwoman a mauvaise presse. Au mieux, c'est une exception à la règle, au pis, une privilégiée égoïste qui a rompu le pacte de solidarité avec ses sœurs souffrantes.»

Ce livre est un événement. Car, à 59 ans, Elisabeth Badinter est l'une des intellectuelles qui ont le plus ardemment construit l'édifice théorique dont se nourrit le féminisme français. Pendant trente ans, la philosophe a accompagné le combat militant du Mouvement de libération des femmes (MLF), sans appartenir à aucune de ses chapelles. Aujourd'hui, elle s'insurge contre son évolution. Ses «dérives», dit-elle.

A 59 ans, elle est l'une des intellectuelles qui ont le plus ardemment construit l'édifice théorique dont se nourrit le féminisme français. Au même moment, deux chercheurs - la juriste Marcela Iacub et le démographe Hervé Le Bras - s'attaquent au dernier texte sacré du féminisme: l'Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff). Réalisée en 2000, cette enquête est la première du genre et de cette ampleur dans notre pays et ses résultats ont été abondamment repris depuis deux ans. Il y est en particulier affirmé que 1 femme sur 10 déclare avoir subi des violences conjugales au cours des douze derniers mois. Or Hervé Le Bras et Marcela Iacub suggèrent que ses auteurs ont sacrifié la rigueur au militantisme, dans le but plus ou moins conscient de légitimer une idéologie «victimiste». Dans le prochain numéro de la revue Les Temps modernes, publié ces jours-ci, ils se livrent à un démontage de cette enquête, qui, déplorent-ils, «obtient ses résultats par une redéfinition préalable de ce qu'elle prétend mesurer, jouant du flou des mots pour épaissir celui des maux» (lire l'article). Les deux chercheurs s'interrogent: «Comment un tel travail a-t-il pu être mené dans le cadre d'une commande officielle?»
Ces petits arrangements avec la neutralité scientifique n'avaient pas échappé à Elisabeth Badinter. La posture victimiste n'est pas sa tasse de thé. Ce féminisme-là n'est pas celui dont elle avait rêvé quand, jeune agrégée de philosophie, elle pensait que des bagarres pour l'avortement et l'égalité allait émerger une génération de battantes. Trente ans plus tard, elle observe amèrement que les journaux féminins répugnent à célébrer à la Une l'exploit de la navigatrice Ellen MacArthur et préfèrent «policer la sexualité masculine» ou laisser exalter par des élues de tous bords cette croyance en l'«autre façon» de faire de la politique qui fait niaisement écho au mythe de l'éternel féminin. Son féminisme à elle est trempé dans la conviction forte que les déterminismes sexuels pèsent peu en regard de l'éducation: on est ce que l'on devient.

«Je suis devenue féministe en 1960 dans le bus de la ligne 82, en lisant Le Deuxième Sexe, et j'avais 16 ans. Ce fut une révélation.» De cette admiration «folle» pour la Simone de Beauvoir de sa jeunesse, elle a conservé aujourd'hui encore ce refus orgueilleux d'être réduite à sa «différence» sexuelle. A l'époque, pourtant, elle n'a guère de raisons personnelles de se rebeller contre la condition féminine. «Comme disait Tocqueville à propos de la Révolution française, ce sont toujours les plus privilégiés qui ne supportent pas la moindre injustice», sourit-elle. Fille cadette de Marcel Bleustein-Blanchet, auquel elle succédera, en 1996, à la présidence de Publicis, elle raconte que son père s'est beaucoup occupé d'elle et lui répétait: «Accroche-toi avec les ongles. Travaille, tu obtiendras ce que tu voudras. Dans la vie, tu ne dois te laisser faire par personne.» Marcel, fils d'un couple d'immigrés russo-polonais, avait quitté l'école communale à 12 ans pour aller aider son père au magasin de meubles du boulevard Barbès. «Mes parents n'avaient pas de fils, précise Elisabeth Badinter. Nous étions trois filles. Mon père était très convaincu de l'égalité des sexes. Et ma mère aussi, qui occupait un emploi au magazine Elle.»

Ce n'est pas la nature qui nous détermine
Elle va étudier la sociologie et la philosophie. Et se marier, à 22 ans. Avec Robert Badinter, qui deviendra garde des Sceaux sous Mitterrand et fera voter l'abolition de la peine de mort. Au moment où le MLF germe en France, Elisabeth pouponne. «J'ai eu trois enfants en trois ans et demi, entre 1966 et 1970, tout en passant le concours du Capes. Deux fois, j'ai accouché entre l'écrit et l'oral.» Elle le passe quatre fois et décroche ensuite l'agrégation de philosophie, en 1973. De quoi étayer ce qu'elle nomme son «culturalisme» - ce n'est pas la nature qui nous détermine, mais la culture.
Au début des années 1970, le féminisme bouillonne. Les filles du MLF clament que les femmes sont des hommes comme les autres. Soudain, tout paraît possible. «Je regardais le mouvement avec sympathie. Et je voyais que la vie de mère de famille, c'est compliqué.» Elle découvre concrètement que, contrairement à ce qu'elle croyait, il ne suffit pas d'offrir des poupées aux garçons et des pistolets aux filles pour qu'ils aient envie d'échanger les partitions et que les inégalités cessent. Elle applaudit quand les femmes obtiennent le droit à l'avortement et, sur le papier, un statut égal aux hommes dans la famille et au travail. Elle ignore les voix qui exaltent le féminisme écologique et les beautés de la différence. Tout en se passionnant pour le XVIIIe siècle et ses Lumières, elle publie en 1980 L'Amour en plus (Flammarion), où elle dynamite l'idée que l'instinct maternel est inné. En 1986, dans L'un est l'autre (Odile Jacob), elle ancre l'universalisme qui caractérise sa conception du féminisme. Puis, dans Paroles d'hommes (POL, 1989), et XY, de l'identité masculine (Odile Jacob, 1992), elle souligne le mal qu'ils ont à se faire mâles.
1992, c'est cette année-là que la première loi sur le harcèlement sexuel est votée: impliquant un lien hiérarchique, le nouveau délit ne sanctionne que les abus de pouvoir. La secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Véronique Neiertz, a résisté aux militantes de l'Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui réclament une définition plus large du délit, incluant le harcèlement entre collègues ou même entre inconnus dans les lieux publics. «Le féminisme français bifurque dans ces années-là», affirme

Elisabeth Badinter, qui regrette l'influence grandissante en Europe du radicalisme anglo-saxon. Comment pourrait-elle partager, par exemple, les accents haineux de ces féministes qui se recueillent chaque année sur les tombes des 14 étudiantes assassinées en 1989 à l'Ecole polytechnique de Montréal (Canada) par un cinglé dont elles font l'archétype du prédateur macho? Fausse route, là encore.
On devine parfois qu'elle aimerait bien se relâcher, contempler les arbres du jardin du Luxembourg, qu'elle domine de ses fenêtres, et lire à ses petits-enfants Le Voyage en Laponie de M. de Maupertuis, sa première fiction, joliment illustrée par Jacqueline Duhême et publiée ce mois-ci au Seuil jeunesse. Elle s'illumine et rit doucement, comme pour s'excuser. Puis elle se reprend, très droite sur sa chaise, presque doctorale: «Je suis soulagée de m'être décidée à dire ce que je retenais depuis plusieurs années… en attendant que quelqu'un le fasse.» Elle explique: «Ce n'est pas si facile d'aller contre l'idéologie dominante.»

par Jacqueline Remy, L'Express du 24/04/2003